Isabelle Vuistiner-Zuber  - cabinet de santé Equilibre

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ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE ET SANTE

April 5, 2018

 

On appelle « état modifié de conscience » tout état d’éveil différent de celui habituel, en relation avec une variation de la fréquence de nos ondes cérébrales.

 

En rythme bêta (13-30 Hz), nous fonctionnons en état d’éveil habituel, comme lorsque nous travaillons, faisons du sport, parlons avec autrui. Ce rythme est associé à la réflexion ou à l’attention active.

 

Le rythme alpha (8-13 Hz), plus lent, induit un état de détente qui s’instaure spontanément lorsqu’on ferme les yeux, alors que le rythme thêta (4-7 Hz) correspond à l’activité du cerveau pendant le sommeil léger.

 

Le rythme delta (0.5 – 4 Hz) est encore plus lent, celui qui correspond au sommeil profond.

C’est lorsque notre cerveau est en mode alpha qu’on accède plus facilement aux souvenirs, dans ce qui ressemble à une rêverie éveillée. Pour instaurer ce mode de fonctionnement, il suffit de susciter la détente, un sentiment de confort et de sécurité, ce qu’on peut faire par la pratique de la relaxation, de la respiration consciente, de l’auto-hypnose. La méditation et l’hypnose aboutissent, elles, à un fonctionnement en rythme bêta ou thêta.

 

L’apprentissage de ces techniques se fait préférentiellement en groupe et en la présence d’un enseignant. Ce qui permet de pratiquer, d’échanger, de poser des questions et de se sentir motivé et soutenu par le groupe. Plus on pratique, plus c’est facile. Et plus la pratique est agréable, plus on va la renouveler.

 

Lors d’une séance d’hypnose, on entre généralement dans un état de détente plus profond que lorsqu’on pratique l’auto-hypnose, le fait de devoir gérer l’induction de transe soi-même rendant le lâcher-prise plus difficile.

 

Ces différents états de conscience sont bénéfiques à l’organisme, en équilibrant le fonctionnement du système nerveux autonome et toutes nos fonctions physiologiques, comme si le fait de « débrancher le mental » permettait au corps de retrouver un fonctionnement optimal.

La pratique de l’EMDR, qui utilise des mouvements oculaires bilatéraux ou des tapotements alternés jambe gauche, jambe droite, met le cerveau dans l’état de fonctionnement qui correspond au sommeil paradoxal. Lors du sommeil paradoxal, si le corps est détendu, le fonctionnement du cerveau est intense, avec, en particulier, une communication entre le cerveau rationnel et émotionnel, qui n’a pas cours le reste du temps. Ce mode de fonctionnement du cerveau est essentiel à notre équilibre psychique, car c’est à ce moment-là que nous dialoguons avec nous-mêmes, pour pouvoir intégrer les émotions vécues pendant la journée. L’EMDR est utilisé avec succès dans les suites de traumatisme, en permettant de transformer les souvenirs traumatiques en souvenirs plus neutres émotionnellement, mettant ainsi fin aux éventuels cauchemars et crises d’angoisse qui y seraient associés.

 

Pour objectiver le fonctionnement du cerveau dans ces différents états de conscience, on a pratiqué des IRM sur des personnes en état de relaxation, de méditation, de sommeil profond, la couleur plus ou moins intense apparaissant sur les images étant en relation avec une activité plus ou moins grande des aires cérébrales concernées.

 

Quelques exemples concrets d’utilisation d’états modifiés de conscience :

 

Peu après avoir débuté la pratique intensive de la relaxation profonde, j’ai dû me faire dévitaliser une dent, c’est-à-dire me faire retirer un nerf dentaire. Plutôt que le dentiste m’anesthésie la dent concernée, je me suis mise en état de relaxation profonde, en utilisant l’auto-hypnose. Je ressentais, bien sûr, des sensations assez fortes mais, plutôt que de me dire que j’avais mal, je me racontais qu’il s’agissait d’énergie qui était dégagée par ma dent, ce qui a rendu l’intervention tout à fait supportable.

 

On utilise régulièrement l’hypnose pour aider à l’arrêt du tabac : les ondes cérébrales ralenties permettent une plus grande suggestibilité et une accession facilitée aux souvenirs. L’hypnothérapeute peut alors suggérer que la personne désirant cesser de fumer se souvienne du goût de sa première cigarette, en général peu apprécié, et suggérer que, dorénavant, avec chaque bouffée, ce goût reviendra, suscitant des nausées.

 

Pratiquer la respiration consciente, qui ralentit et approfondit celle-ci, lors d’investigations comme des gastroscopie ou lors de traitements douloureux, tout en se créant des images mentales de détente et en imaginant que le traitement apporte facilement les effets bénéfiques souhaités permet de vivre ces moments peu agréables avec plus de facilité.

 

Une idée reçue et fausse est celle qu’il faut être déjà relativement détendu, calme, peu tonique, pour parvenir à pratiquer soi-même. N’importe qui peut le faire, l’idée étant que, pour persévérer, il faut que ce soit agréable.

 

Votre cerveau ne fait pas la différence entre un moment vécu et ce que vous imaginez. Une chose à laquelle il est utile de penser lorsqu’on décide de choisir entre des pensées plaisantes ou des anticipations anxieuses ou des ruminations de mauvais moments passés.

 

Si ça vous tente, installez-vous maintenant confortablement, jambes et bras décroisés, et laissez-vous aller.

Prenez une respiration un peu plus profonde et pensez à un moment de vacances ou de loisirs que vous avez spécialement apprécié. Voyez ce qu’il y a à voir : l’endroit où vous vous trouviez, les éléments de la nature qui étaient présents – ou peut-être étiez-vous à l’intérieur -, la présence ou non d’autres personnes. Une autre respiration. Entendez ce qu’il y a à entendre. Prenez le temps de le faire. Sentez ce qu’il y a à sentir : les odeurs et aussi vos sensations corporelles : détente, calme ou mouvement, température de l’air sur la peau. Encore une respiration profonde. Peut-être même que l’envie de soupirer vous vient, juste un léger soupir, et qu’un sourire va naître sur vos lèvres, puisqu’il s’agit d’un souvenir agréable. Ça y est ? Immergez-vous dans toutes ces sensations et émotions plaisantes et savourez ! Prenez le temps de le faire.

 

Voilà. Vous avez vécu votre premier état de conscience modifié en sachant que c’en est un !

 

Jusqu’à mercredi prochain, peut-être aurez-vous envie de répéter l’expérience.

D’ici là, une belle semaine ! :-)

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