Notre vue si courte nous condamne à disparaître !


Votations fédérales du 13 juin 2021. Le 13 juin, jour de naissance de mes grands-parents maternels, paysans qui n'auraient sans doute jamais accepté de polluer l'eau et les récoltes pour avoir une vie plus facile.


Non seulement elle nous condamne à disparaître, mais à faire disparaître l'essentiel du vivant. Qui, comme si ce gâchis annoncé ne suffisait pas, ne disparaîtra pas dans la douceur, mais dans la destruction par des événements naturels de plus en plus violents.



Avec des racines à faire pâlir de dépit mes coiffeuses (oui, Nathalie et Co, je reviens tout bientôt ;-) ), contrevenant aux directives de mon médecin qui m'a interdit de poser mon pied, pour la énième fois opéré, au moins jusqu'à demain, grâce aux superpouvoirs de ma Citron qui conduit presque toute seule (merci Le Garage Stop !), affublée d'une robe décolletée et courte dont une de mes amies bien intentionnées (ou/et gravement traumatisée par des années de vie auprès d'un de ces rares vrais et 100 % pervers narcissiques) m'a dit récemment qu'elle n'était plus de mon âge, j'ai été remplir mon devoir civique quelques minutes avant son terme avec une rare fierté, probablement inversément proportionnelle à la déconvenue - pour moi - qui ne manquera pas de survenir dans les heures à venir.

(L'éditeur de mon unique livre paru à ce jour m'a pourtant dit de raccourcir mes phrases - merci Julien ! - parfois je me fiche tout autant des recommandations de style littéraire que de celles de style vestimentaire...).

Et donc, dans cette publication qui sera longue, mais dont j'espère tout de même que d'aucun-e-s la liront, avec son autorisation, je vais copier ci-dessous un texte magnifique de clairvoyance et de responsabilité d'une de mes connaissances, le Docteur Pierre Schmidlin, aujourd'hui retraité.

"Mon grand-père paternel avait été menuisier, paysan et apiculteur. L'enseignement de la biologie n'existait pas encore, mais il savait observer et réfléchir. Entre sa maison et son grand dépôt de bois, il laissait vieillir ses arbres fruitiers. Entré à l'école primaire, je lui ai demandé, pourquoi il ne les abattait pas quand ils avaient des trous ou des champignons au tronc. Il m'a montré alors le nid d'un adorable petit oiseau rare qui n'existerait plus sans la nourriture qu'il y trouvait. Aha.

Moins que 20 ans plus tard, à 25 km de là, j'ai découvert à ma bonne surprise à Oberwil près de Bâle une station de recherche agronomique qui appliquait des méthodes de culture biodynamiques. Ça, c'était il y a 50 ans. C'est grâce à elle que Marie-Thérèse Chappaz à Fully est devenue meilleure vigneronne du Valais; d'autres l'ont suivie, tel mon encaveur à Chamoson qui depuis 25 ans n'a plus eu besoin de suppléments de fongicides synthétiques.

Depuis de nombreuses années, nous pouvons manger des fruits, de la farine, des oeufs, des produits laitiers et de la viande bio d'élevage suisse grâce à quelques paysans courageux et décidés de se rendre indépendants des conseils gratuits dispensés par des vendeurs de produits agrochimiques. Ils ont montré aux autres qu'en 7 ans, leur sol avait retrouvé sa vie et que leur production avait atteint le label Bio Bourgeon.

Mais ce ne sont pas les écoles et stations agricoles cantonales qui les ont aidés; elles ne prêchent que l'emploi ciblé et parcimonieux des poisons.

Si maintenant, le peuple suisse vote pour une meilleure protection de l'eau potable et pour subventionner les producteurs bio suisses, alors du jour au lendemain, ces institutions devront les aider tous moyennant recherche, conseils et enseignement. En moins que 10 ans, le sol suisse et la faune auraient retrouvé leur vitalité! Nos descendants nous en remercieront. Votez donc 2 x OUI! Merci!

Cordialement,

Pierre Schmidlin"

Si je ne publie ce texte qu'aujourd'hui, c'est parce que j'ai perdu toute velléité de tenter d'infléchir la réflexion d'autrui et que, dans le climat que je qualifierai de "haineux" qui prévaut socialement depuis quelques mois, je n'ai eu aucune envie de m'exposer.

Le seul lieu où je suis d'accord de m'exposer est celui de la protection de l'enfance et de la violence émotionnelle, tous deux étant souvent corrélés.

Ce qui nous perdra, de façon ASSUREE, c'est notre vue courte. A tous ceux qui vouent autrui aux flammes de l'enfer pour refus de la vaccination, pour penser que qualifier de "terroriste" toute critique de l'état est abusif et qui, de manière générale, recourent au CHANTAGE AFFECTIF, qui est l'arme des faibles, des paresseux et des médiocres, je réponds qu'on devrait OBLIGER tout citoyen de ce pays en possession de ses droits civiques à regarder "Legacy", de Yann-Arthus Bertrand.

Nos sociétés occidentales sont des sociétés qu'on peut qualifier d'"agitées", qui courent derrière le profit et le pouvoir personnel, avec une qualité de vie faussement préservée car c'est bien chez nous que nous avons le plus de maladies dites de civilisation, qui tuent nos congénères dans des souffrances souvent épouvantables.

Il est clair, limpide et tout à fait scientifiquement établi (mais pour le savoir encore faut-il s'y intéresser) que les décennies à venir seront de plus en plus hostiles à la vie sur terre parce que nous sommes de plus en plus enfermés dans une espèce de coque surchauffée créée par les émissions de gaz à effet de serre. Même si c'est difficile à entendre, à admettre.

Il est clair, limpide et tout à fait scientifiquement établi qu'une corrélation existe entre pesticides, OGM, chimie et détérioration de l'état de santé de l'être humain et altération de notre génome.

Il est clair, limpide et tout à fait scientifiquement établi que nous exterminons en masse les autres être vivants, de tous les règnes du vivant, pour un faux confort stupide et égocentrique, dans une arrogance absolument insupportable.

Les religions et leurs extrémismes, la moralisation à outrance, les velléités de contrôle de l'individu ont remplacé une saine spiritualité qui consiste à pratiquer un tant soit peu d'introspection et d'observation du monde, en étant conscient de la chance énorme (pour nous, pas pour lui !) qu'il nous ait été donné. Cette chance, par les prises de pouvoir et d'influence que sont les organisations politiques, corrompues par celles économiques, non seulement nous ne nous en rendons plus compte, mais nous sommes en train de la détruire. Irrémédiablement.

Je me reconnais de moins en moins dans cette société où seules semblent valorisées les tentatives de prise de pouvoir qui aboutissent, sur la vie et la pensée d'autrui.

Bien sûr, il y a toujours d'autres manières de faire, mais ce qui me préoccupe, c'est que les probables résultats des votations d'aujourd'hui sont une expression du déni de l'engrenage mortifère dans lequel se trouve la planète. Par notre unique responsabilité.