DEONTOLOGIE DE L'INFORMATION

COMPLOTISTE OU JUSTICIER - FAUT-IL VRAIMENT CHOISIR ?


Dès le début des années 80, faisant suite à l’éclatement des normes et à la recherche d’authenticité, dans un délicat équilibre de valorisation de l’individu et du communautaire, au moment où l’abondance matérielle qui prévalait dans les années 70 a commencé à décroître (je parle de la Suisse et je me réfère à mes souvenirs de cette époque-là), l’esprit critique s’est peu à peu transformé en esprit grégaire, dont il ne porte pas le nom mais sous lequel il commence à étouffer. On s’interroge actuellement sur un profil psychologique qui serait commun aux complotistes. Je trouverais utile de de s’interroger également sur un potentiel profil psychologique commun des « justiciers du web ». Qu’est-ce qui amène à voir le monde de manière binaire, avec les gentils-qui-ont-raison d’un côté et les incultes-qui-ont-tort de l’autre, constituant ainsi des groupes dont tous se disent éclairés et qui conduit les justiciers du web à se manifester encore et encore, à grand coup de formules-chocs mais surtout de références scientifiques dont ils se réclament, en taisant bien sûr le fait de ne s’inspirer que de ce à quoi ils adhèrent préalablement comme à des dogmes. Ainsi, une absence de formation universitaire décrédibiliserait théories et même observations de ceux qui les formulent, tandis que les titres à rallonge, surtout universitaires, et les participations diverses au fonctionnement de tel ou tel organisme / école / mouvement qui a la cote actuellement dans des milieux intellectuels serviraient de caution à LA vérité, à une lecture qui se dit objective de la réalité. Les justiciers du web n’y vont pas de main morte, qui proposent la délation et l’interdiction d’exercer de ceux qu’ils remettent en cause. Effrayant ! Oui, des relents d’inquisition.


Les complotistes – les vrais, pas ceux catégorisés ainsi parce qu’ils pensent que s’interroger de manière individuelle est légitime – prennent de telles libertés avec la réalité qu’ils se décrédibilisent eux-mêmes et n’auront jamais un impact déterminant sur l’avenir de nos sociétés.

En revanche, les intellectuels éclairés auto-proclamés, à la culture générale tout à fait limitée ou orientée, ce qui les rend incapables d’une mise en perspective digne de ce nom, m’inquiètent. En ces temps troublés, ils prolifèrent. Qu'est-ce qui les motive ? Sauver la planète ? Sauver autrui en lui assénant ses propres convictions sous couvert de pseudo-analyse, basée sur des éléments lacunaires ? Ou simplement se mettre en avant en raison d’un égo surdimensionné et constituer des groupes qui se veulent influents et dont il faut faire partie ?


Laisser autrui définir une lecture de la réalité, de sa réalité, est périlleux. Je crois fermement que chacun a les capacités de prendre du recul et que ces capacités-là ne sont pas qu’intellectuelles mais liées au fait de pouvoir se relier à la vie en soi.


Stéphane Koch apparaît encore et encore sur les réseaux sociaux que je fréquente. A partir d’une de mes phrases « je ne pense pas que vacciner à tout-va est LA solution à tout problème médical » (je n’ai plus la phrase exacte, mais c’est le sens), ce monsieur qui se dit fact-checker est intervenu sur la page Facebook de Sébastien Fanti pour me taxer d’anti-vax et insinuer qu’il vaudrait mieux que Fanti supprime mon post, qu’il venait de relayer. Je vous laisse apprécier.


Je n’ai une formation universitaire que limitée, je ne prétends pas être objective car nul ne peut se prévaloir d’être objectif, en raison même du fait que nous sommes des sujets pensants, et ma culture générale est loin d’être vaste. Cependant, mon commentaire d’un des derniers posts, selon moi nuisible, de Stéphane Koch sur Facebook vous intéressera peut-être tout de même.

« Monsieur, de manière répétée je vous ai lu rapporter différents faits de manière tout à fait interprétative (la première fois à mon sujet), loin donc, des standards auxquels vous demandez à autrui de recourir pour être crédible.


Vous citez d'abord la page "La Tronche en biais". Il est vrai que ma profession et ma vocation personnelle ne sont pas de remettre les égarés dans le droit chemin et donc je n'ai que peu de temps à consacrer à ce genre de recherches, mais je me suis rendue sur cette page, qui, comme vous, assène deux - trois vérités, pour constater que les auteurs en demeurent inconnus...


Avant d'écrire ce commentaire, j'ai consulté à nouveau votre profil LinkedIn, ainsi que votre site, afin de savoir de quelle formation vous bénéficiez vous-même. De quelle formation, donc, peut se prévaloir quelqu'un qui rapporte des propos disant que quelqu'un qui n'a pas de formation universitaire ne serait pas légitimé à donner de conférence. Là aussi, je n'ai pas beaucoup de temps pour effectuer une recherche à ce sujet, mais à part un MAS en haute école, je n'ai pas pu trouver votre formation initiale, afin de savoir si vous vous mettiez en contradiction avec ce que vous avancez car, vous aussi, vous êtes conférencier.


Je vais abréger... L'ignorance est la mère de toutes les dérives et des jugements à l'emporte-pièces.


Sur la page citée plus haut, j'ai lu, écrit par un administrateur de cette page, que "ll ne faut jamais s'imaginer qu'on va sauver le monde... Mais c'est réellement touchant de recevoir ce genre de message. Oui, la promotion de l'esprit critique est utile !"


Une volonté de sauver le monde, voilà donc le premier ingrédient qui pourrait déboucher sur une intéressante mise en perspective des motifs et du profil psychologique (ceux des complotistes ont été déjà été décrits, de manière intéressante et que je trouve pertinente) de ceux qui se sont lancés dans le fact-checking.


Loin de moi l'idée de soutenir inconditionnellement Jean-Dominique Michel, mais pour tout vous dire, ce sont davantage les gens comme vous que je trouve réellement effrayants. Et ce que je trouve réellement effrayant, ce sont les nombreux relais dont vous bénéficiez, y compris au sein de Reporters Sans Frontières (et la liste de nos quelques amis communs me navre, parce qu'elle atteste de combien il est facile de s'autoproclamer justicier du web et d'être suivi sans que quiconque ne semble s'interroger sur vos motifs).


L'histoire se répète, encore et encore. L'Inquisition s'est déroulée au XIIIème siècle, cher Monsieur, mais en vous lisant, j'en perçois les relents.


Je vous suggère de prendre de la hauteur dans vos analyses, en accroissant votre culture générale.


Viktor Frankl, chirurgien et psychiatre, entre autres, a survécu aux camps de la mort et, pour décrire son expérience en camp de concentration, a écrit "Man's search for meaning", livre vendu à dix millions d'exemplaires et traduit en vingt-quatre langues (si le net dit vrai...). C'est lui qui a décrit une attitude qui permet de survivre en temps hostiles, celle de trouver un sens à ce qu'on vit et de se fixer des objectifs quotidiens réalisables, le fait de pouvoir être pro-actif, même un minimum, lui semblant lié au fait de pouvoir assurer sa survie.


Avant d'attribuer quoi que ce soit de cette théorie et de la salutogenèse à Jean-Dominique Michel, qui ne fait que rapporter les propos et théories d'autrui à ce sujet, il aurait donc été utile de vous renseigner. Vous auriez ainsi également appris que cette théorie de Frankl n'a rien de nauséabond.


Mais je ne suis personnellement pas certaine qu'une lecture la plus objective possible de la réalité soit ce qui vous anime en premier lieu, en dépit de vos affirmations à ce sujet. "Les propos (...) produisent des réactions vives sur les réseaux sociaux." En voilà un motif pertinent pour déclarer que quelqu'un se fourvoie... !


Je vous suggère de googler autre chose que vous-même (parce que "I google myself regularly" comme fond d'écran sur LinkedIn... même en le prenant comme une boutade, amène à douter de votre possibilité de vous décentrer de vos convictions personnelles et surtout de la haute idée que vous semblez vous faire de vous-même) et d'aboutir à des convictions susceptibles d’évoluer avec le temps plutôt que de vous y référer comme a priori, ce qui les rend semblables à des dogmes.

Il me semblerait judicieux que vous pratiquiez d'abord vous-même la déontologie dont vous affirmez qu'elle manquerait à autrui, dans vos multiples interventions sur les réseaux sociaux, même s'il m'apparaît que vos followers ne semblent pas plus intéressés que vous à une analyse objective des faits, des gens, de notre époque que celle que vous proposez. »



Sur ce, « Un esprit sain dans un corps sain », je vais aller prendre l’air dans la nature et vous propose d’en faire autant régulièrement, ce qui nous permettra peut-être de préserver notre santé mentale au milieu de toutes ces informations-convictions dont nous sommes quotidiennement bombardés.

Isabelle Vuistiner-Zuber  - cabinet de santé Equilibre

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